Le banquier du gouvernement

Extrait d’Un destin plus grand que soi : L’histoire de la Banque de Montréal de 1817 à 2017, par Laurence B. Mussio

1-2-6-column-width-dd

Édifices du Parlement en construction, Ottawa, Ontario, 1865. Photographie de William Notman.

Image reproduite avec l’aimable autorisation du Musée McCord, Montréal.

Par un décret en conseil daté du 19 novembre 1863, le compte du gouvernement de la province du Canada fut transféré à la Banque de Montréal le 1er janvier 1864. À partir de cette date, la Banque assuma le rôle d’agent financier de la Province unie du Canada.

La Banque de Montréal avait déjà assumé cette fonction dans le passé, mais la désignation de 1863 était différente à certains égards. Dans les années 1860, la Banque avait réussi à s’imposer comme le joueur dominant du système bancaire canadien, en particulier après les difficultés et la disparition subséquente de sa rivale, la Bank of Upper Canada. Cette décennie fut critique pour le Canada, l’élan politique et économique s’intensifiant pour joindre les colonies britanniques nord-américaines au sein d’une unité politique et administrative. Les capitaux et les ressources de la Banque étaient essentiels pour les activités du gouvernement colonial dans la période précédant la Confédération en 1867 et les années suivantes. De plus, les dirigeants de la Banque étaient intensément absorbés par le financement des projets du nouveau Dominion, sans mentionner les efforts en vue de la création d’un nouveau système bancaire pour le pays. Les liens entre les dirigeants de la Banque de Montréal et les principaux membres du nouveau Cabinet canadien, notamment le premier ministre Sir John A. Macdonald, étaient particulièrement étroits.

La Banque agit également à titre de principale banque canadienne dans le financement du Canadien Pacifique (1880–1885), un projet étroitement lié, non seulement à la Banque, mais aussi à quelques-unes de ses figures de proue les plus éminentes, Lord Mount Stephen et Lord Strathcona.

Du fait de ses capacités et de son capital, ainsi que de son établissement au sein des deux grands marchés financiers de l’Atlantique Nord, Londres et New York, la Banque put ultérieurement représenter les affaires financières du Dominion du Canada sur ces marchés financiers. La Banque tint le rôle d’agent financier du Dominion à Londres jusqu’à ce que la nouvelle Banque du Canada reprenne ces responsabilités à la fin des années 1930. Elle était non seulement l’agent financier du gouvernement du Canada, mais aussi d’une multitude de provinces, villes et municipalités à travers le continent qui avaient besoin de se faire financer et représenter sur les marchés financiers de l’Atlantique Nord. Au pays, en tant que doyenne des banques, elle faisait fonction de « coordonnateur en chef » du système bancaire canadien, alors en pleine croissance.

À bien des égards, la Banque fut le « banquier canadien » pendant une période cruciale du développement du pays, fournissant des capitaux, des ressources, une expertise, des talents financiers et du personnel pour le grand projet canadien. Les temps changent; de nouveaux joueurs comme la Banque du Canada voient le jour; de nouveaux défis et de nouvelles opportunités se présentent. À chaque étape, passée et présente, du développement du Canada, la Banque a répondu à l’appel pour servir le pays, ses collectivités, ses entreprises et ses citoyens avec probité et distinction.


Haut

Votre navigateur n’est plus à jour et n’est pas optimisé pour ce site. Certains éléments du site Web pourraient ne pas s’afficher correctement. Veuillez mettre à jour votre navigateur en suivant l’un des liens ci-dessous :

Les images qui figurent sur ce site Web sont la propriété de la Banque de Montréal, sauf indication contraire. Il est interdit d’en faire un usage non autorisé.

Je comprends