Les éclaireurs

Extrait d’Un destin plus grand que soi : L’histoire de la Banque de Montréal de 1817 à 2017, par Laurence B. Mussio

6-3-13-column-width-dd

De gauche à droite : Richard Wilson, chef de la direction et chef des placements de BMO Gestion mondiale d’actifs (chef de la direction de F&C au moment de l’acquisition), et Gilles Ouellette, chef – BMO Gestion d’actifs et vice-président du conseil – International, BMO Groupe financier (chef – BMO Gestion de patrimoine au moment de l’acquisition).

La Foreign & Colonial Investment Trust (F&C) fut la première société de gestion de fonds de placement au monde. Sa fondation à Londres, en 1868, marqua un tournant dans l’histoire de la gestion financière. F&C fit œuvre de pionnière dans la promotion de l’achat d’actions d’entreprises auprès de l’« investisseur à revenu moyen ». Au XIXe siècle, l’activité boursière était principalement réservée aux nantis et aux grandes institutions. Néanmoins, le premier prospectus de la F&C disait clairement que « son objectif était de donner à l’investisseur “ordinaire” les avantages dont disposaient les grands capitalistes, c’est-à-dire atténuer le risque inhérent aux placements en titres étrangers et coloniaux en les répartissant sur un plus grand nombre de titres et en conservant une partie des revenus pour constituer un fonds d’amortissement aux fins du remboursement du capital original ». Le prospectus lui-même représentait une innovation remarquable dans le système financier de l’époque.

Il existe une excellente relation de l’histoire du gestionnaire de fonds F&C, dans laquelle on attribue la naissance de l’entreprise aux « talents précoces de l’avocat londonien Philip Rose ». Ce dernier, fils d’un généraliste qui deviendra plus tard le médecin du premier ministre Benjamin Disraeli, naquit à High Wycombe en 1816. Il rencontra cet homme d’État et l’amitié réciproquement avantageuse qui se noua entre eux dura leur vie entière. Rose devint associé dans le cabinet Barker & Rose, l’ancêtre de l’étude juridique londonienne actuelle Norton Rose Fullbright. Lui, qui avait acquis la célébrité grâce au boom ferroviaire des années 1840, entreprit de nombreuses initiatives philanthropiques (notamment la fondation de l’hôpital Royal Brompton) avant de s’intéresser de plus près à cette nouvelle forme d’investissement. Il voulut en discuter avec le très honorable Richard Bethell, 1er baron Westbury, homme politique rattaché au parti libéral, avocat et juge, né à Bradford on Avon le 30 juin 1800. Lord Westbury jugeait tout sur la base de la relation de confiance, de la sécurité, de la prudence et de la fiabilité. Lord chancelier du pays de 1861 à 1865, il voulait qu’on se rappelle de lui comme d’un réformateur zélé mais sage et comme du juge le plus innovateur à avoir siégé en Angleterre.

Avec toutes ces qualités, F&C put se démarquer des autres financiers londoniens, dont la réputation laissait souvent à désirer. Au fil du temps, la firme en vint à compter parmi les établissements les plus rentables de la City de Londres.

La Banque de Montréal, dans le cadre de sa stratégie d’expansion de BMO Gestion mondiale d’actifs en Europe, a acquis F&C en 2014. Sur les entrefaites, Rose et Lord Westbury se sont ajoutés à la liste des fondateurs – une destinée qu’ils n’auraient sans doute jamais même imaginée.


Haut

Votre navigateur n’est plus à jour et n’est pas optimisé pour ce site. Certains éléments du site Web pourraient ne pas s’afficher correctement. Veuillez mettre à jour votre navigateur en suivant l’un des liens ci-dessous :

Les images qui figurent sur ce site Web sont la propriété de la Banque de Montréal, sauf indication contraire. Il est interdit d’en faire un usage non autorisé.

Je comprends