1832 : Ni le vent, ni la neige n’arrêtent le banquier!

Le comptable Henry Dupuy raconte le voyage qu’il a fait en février 1832, comme nouvel employé de la Banque de Montréal, pour transporter une forte somme en numéraire entassée dans des boîtes et tonnelets, de Kingston à Montréal; le trajet s’est fait en diligence, pendant un blizzard.

Entre Brockville et Cornwall, la diligence dut grimper une côte abrupte et une pièce d’attelage se brisa. Henry et le cocher transportèrent donc tout l’argent liquide jusqu’au haut de la côte, avançant avec peine dans la neige qui leur arrivait presque à la ceinture. Ils ont fini par recharger la diligence au haut de la côte et ont continué leur périple.

Voici ce qu’écrit Henry au sujet du cocher : « Il jurait sans arrêt contre ces pièces qui lui donnaient tant de travail; s’il avait été désespéré, l’entreprise aurait été plutôt hasardeuse, mais en fin de compte je n’ai eu aucune crainte. » Grâce à ce vaillant employé et à son cocher digne de confiance, l’argent s’est rendu à Montréal sans encombre.

Lisons le récit de cette aventure, dans les mots de Henry :

« Une assez forte somme en pièces de monnaie avait été rassemblée à la succursale de Kingston et l’on me chargea de la transporter à Montréal par diligence. Un certain jour du mois de février, je mis des boîtes et des tonnelets de pièces dans la diligence ordinaire; il était très tôt le matin, bien avant l’aurore, et la neige tombait sans cesse, à tel point que le cocher pouvait à peine distinguer la route. Entre Brockville et Cornwall, il a fallu monter une côte très abrupte et, ce faisant, l’attelage s’est brisé; nous avons dû, le cocher et moi, transporter tout le numéraire du bas au haut de la côte, car nous étions seuls. Nous sommes repartis à 14 h, pour chercher du secours. Nous avancions dans plus d’un mètre de neige quand, de loin, j’aperçus une lampe et une hutte. Un homme s’y trouvait et je finis par le convaincre de venir nous aider. Il prenait soin d’un malade et je doutais fort qu’il puisse nous aider; nous en avions pourtant besoin pour escalader la côte avec nos lourdes charges.

En persévérant, nous y sommes arrivés; nous avons remis la diligence en état, grimpé la côte, replacé les pièces de monnaie et poursuivi notre chemin, le cocher et moi; il jurait sans arrêt contre ces pièces qui lui donnaient tant de travail. Je crois que notre voyage a duré deux jours – si le cocher avait été désespéré, l’entreprise aurait été plutôt hasardeuse, mais en fin de compte je n’ai eu aucune crainte. Près de l’île Perrot, sur le petit lac qui porte le nom de Saint-François, je crois, nous avons encore brisé l’attelage; j’ai été très soulagé de me retrouver à Montréal sans autre embûche. »

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