Une vue pragmatique de l’avenir

Extrait d’Un destin plus grand que soi : L’histoire de la Banque de Montréal de 1817 à 2017, par Laurence B. Mussio

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Neuf personnes ont signé les statuts constitutifs originaux établissant la Banque de Montréal. Issus de l’élite montréalaise, ils figuraient aussi parmi les jeunes commerçants les plus entreprenants et les futurs financiers du Canada récemment créé. Dès les années 1790, l’idée d’établir une institution bancaire existait déjà, même si sa forme n’était pas déterminée.

Des neuf signataires, John Richardson était de toute évidence le meneur, méritant ainsi son surnom de « père du système bancaire canadien ». Écossais venu en Amérique en 1773, à l’âge de 18 ans, il entra d’abord au service de la société Phyn & Ellice, de Schenectady, dans l’État de New York, avant de s’établir au Canada en 1787. Bientôt associé chez Forsyth, Richardson & Co., une importante maison de commerce, et chez North West Co., toutes deux rivales de la Compagnie de la Baie d’Hudson, il fut élu député de la ville de Montréal à l’Assemblée du Bas-Canada à deux scrutins consécutifs avant d’être nommé au Conseil exécutif et au Conseil législatif.

Né dans l’État du Massachusetts en 1777, Horatio Gates s’installa au Canada en 1804; il fut à l’origine du commerce florissant du blé des Prairies et on l’a souvent décrit comme l’un des hommes les plus entreprenants de son temps. On sait qu’il incita beaucoup de ses amis et associés américains à se procurer des actions de la nouvelle institution financière, dont il fut deux fois président.

George Moffatt, personnage clé du groupe, quitta l’Angleterre pour le Canada en 1801, à l’âge de 14 ans; devenu associé, puis actionnaire majoritaire de la firme bien connue Gerard, Gillespie, Moffatt & Co., il l’orienta vers une exploitation intensive du commerce des fourrures. Il participa à la guerre de 1812 comme officier militaire; en 1826, cet homme d’un naturel prévoyant encouragea son entreprise à se doter d’un bureau à York (aujourd’hui Toronto).  Il fut aussi nommé commissaire de la British American Land Company, une entreprise de Sherbrooke chargée de la promotion immobilière dans les Cantons de l’Est. Il fit partie du Conseil législatif et du Conseil exécutif, en plus de représenter Montréal au sein de la législature canadienne. Moffatt joua un rôle capital dans la formation initiale de la Banque de Montréal.

Robert Armour est venu d’Écosse au Canada au tournant du XIXe siècle. Propriétaire de l’immeuble accueillant la nouvelle banque, il fut aussi l’éditeur du Montreal Almanac et l’un des propriétaires de la Montreal Gazette. Il occupa pendant quelque temps la fonction de caissier de la Banque du Canada, rapidement absorbée par la Banque de Montréal en 1831.

George Garden était un des principaux associés de la grande maison de commerce Auldjo, Maitland and Company. Membre en vue de la congrégation St. Gabriel, il fit partie du conseil d’administration de l’Hôpital général de Montréal, inauguré en 1822 et situé alors rue Dorchester (aujourd’hui le boulevard René-Lévesque). Cet Écossais d’origine fut deux fois nommé à la vice-présidence de la Banque de Montréal.

Né dans le comté d’Aberdeenshire en 1775 et rattaché au grossiste Allison, Turner and Company, Thomas A. Turner fut le premier vice-président de la Banque. Il joua un rôle dans sa première opération en devises, qui eut lieu au début de 1818; il s’agissait alors de transporter jusqu’à Boston 130 000 dollars d’argent espagnols, entassés dans 65 tonnelets de 100 livres chacun, dans un convoi de diligences sillonnant des pistes montagneuses. Les clients de cette région avaient besoin de liquidités pour alimenter leur commerce avec la Chine et les Antilles.

Un autre signataire, le lieutenant-colonel James Leslie, était à la fois négociant, officiel de milice à la retraite et fils de l’adjoint du quartier-maître général du général James Wolfe lors de la bataille de Québec. Né en 1786 à Kair, dans le comté écossais de Kincardine, d’une famille de la petite noblesse, il arriva à Montréal en 1808. Pendant plusieurs décennies, il occupa divers postes à l’échelle législative ou exécutive.

John Churchill Bush, commerçant montréalais né aux États-Unis, signa également les statuts constitutifs, mais par la suite son rôle, dans les activités de la Banque, fut très effacé.

Augustin Cuvillier joua un rôle stratégique lors de la fondation de la Banque. Député à l’Assemblée législative, riche importateur et seul membre du groupe né au Canada, il figurait aux premiers rangs des personnalités économiques et politiques de son temps et a su appuyer la requête en constitution de la Banque et l’adoption de sa charte auprès de ses collègues législateurs. En 1841, après l’union des deux Canadas, Cuvillier fut le premier président de l’Assemblée.

Ces neuf hommes furent donc les fondateurs de la Banque de Montréal.


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